Histoire et Géographie

Compte-rendu des échanges avec Mme Yvette Veyret

 

Mme Yvette VEYRET 

Professeure émérite des Universités

Echanges avec le groupe de réflexion et de production (collège)

 

Académie de Guadeloupe

Nous avons eu le plaisir de rencontrer, au Rectorat, Mme VEYRET, Pr de géographie honoraire de l’Université Paris X-Nanterre, le vendredi 14 octobre 2015, lors de son bref passage en Guadeloupe.

Très sollicitée, elle parcourt le monde pour partager ses savoirs dans le cadre de conférences dans un domaine depuis longtemps elle excelle. Son expertise est unanimement reconnue sur la question du développement durable, ce à travers différents prismes, en particulier ceux des risques et de la ville.

Cette géographe physicienne, dès l’origine, a pu faire au cours de sa carrière, sans trop grande difficulté, la transition entre des logiques spatiales et sociales.


Le développement durable (DD) dans les nouveaux programmes

Les projets de programmes, qui devront être probablement stabilisés en l’état, font apparaître la place centrale et réaffirmée du DD pour le niveau 5ème. Avec Mme VEYRET, nous avons surtout échangé à propos des risques, contextualisés à notre région.

 

« Les espaces et les territoires dans le cadre de leur aménagement par les sociétés sont questionnés au regard de la durabilité de leur développement et des effets géographiques de la mondialisation contemporaine. »

« Thème 3 : prévenir les risques, s’adapter au changement global »

  Extraits projet de programme, géographie, cycle 4, septembre 2015

 

Quelques aspects du DD parmi ceux abordés

Deux supports numériques ont servi de base à la discussion (se reporter aux liens).

La séance s’est appuyée essentiellement sur les démarches et les supports d’une part, des contenus et des valeurs liés au DD, d’autre part.  La finalité est pour nous d’avoir les outils et la posture qui facilitent les apprentissages.

 - De l’importance de démarrer et de s’appuyer dans nos séquences sur des situations, des exemples concrets, contextualisés à la réalité quotidienne des élèves. Il est ainsi plus facile d’intéresser, d’intégrer du savoir et de le faire approprier. Les ressources disponibles le permettent, qu’il s’agisse des Agendas 21 des communes ou des prises d’informations directes à partir d’un entretien organisé avec un acteur local. La pratique en classe du jeu de rôle est aussi particulièrement efficace.

- De la délicate attention à accorder aux choix de l’enseignant : proscrire des approches trop anxiogènes pour l’élève, faisant référence au catastrophisme. La dramatisation est contre-productive. Il est par ailleurs indispensable de considérer le DD à plusieurs échelles d’analyse.

- De la nécessité à poser les bonnes problématiques et à orienter les élèves sur les raisons de considérer les risques dans le DD. Les conséquences en termes de victimes, de coûts, de destructions matérielles (routes, structures économiques…) doivent être présentes dans les scénarios de cours et être transversales à toute la réflexion menée. Une mise en perspective est nécessaire entre les aspects physiques des aléas, de leur survenue et les aspects humains (dégâts, types de construction, densité de population…).

- De l’utilisation de toute une série de productions officielles régionales portant sur la connaissance et la prévision des risques, à l’instar du Dossier départemental des risques majeurs de la Guadeloupe (DDRM de 2014), les Plans communaux de sauvegarde (PCS), le Plan de prévention des risques (PPR)…mais aussi des publications du BRGM Guadeloupe.

- De la réflexion à avoir au sujet des aménagements à prévoir pour accompagner et anticiper l’augmentation incontestable du niveau marin. Des hypothèses peuvent être envisagées, dans des scénarios aussi réalistes que possible : se protéger en érigeant des digues, par exemple. Ce type d’intervention réduit l’érosion littorale même si ce n’est pas toujours efficace et les coûts sont élevés ; s’adapter aux contraintes nouvelles et penser par exemple à un habitat flottant comme en Hollande. Une autre orientation serait le repli stratégique, c’est-à-dire déplacer l’habitat et les activités. Depuis la catastrophe suite au passage de la tempête Xynthia en 2010, les zones à risque sont déclarées inconstructibles.

- De l’information nécessaire pour discriminer les scénarios liés à la spécificité des aléas. En fonction des processus en action (incendie, explosion, fuites radioactives…), la riposte, le plan de sauvegarde, la prévention, la mise en sûreté ne seront pas les mêmes. Sur le modèle des PPR, le plan de prévention des risques technologiques (PPRT, 2003) pour des installations hautement sensibles, propose un mode opératoire en fonction de ce qui peut survenir.

- De la mise à distance critique de certains discours qui exagèrent ou qui minorent les phénomènes en cours (réchauffement climatique, principe de précaution). Par ailleurs, de nouveaux enjeux ravivés par l’actualité sont à poser. Les questions de migrations liées au DD sont des perspectives d’étude à proposer dès que le programme le permet.

Une ressource à consulter


Une publication récente, « MAPPE », pourrait être une base documentaire utile à nos préparations.  Elle se présente sous la forme d’une grande carte topographique à déplier, au recto. Sur l’autre face, une mise au point scientifique actualisée est réalisée par plusieurs spécialistes. Ils font état des connaissances actuelles et révèlent les enjeux liés à la thématique abordée. Trois fils conducteur font l’objet d’un développement à partir de différents langages : « un territoire, une carte » ; « un territoire, une géographie » ; « un territoire, des enjeux ». Deux numéros nous ont été confiés par notre invitée : une qui porte sur « L’Arctique, enjeux émergents et nouvelles vulnérabilités » et l’autre sur « L’Amazonie, préserver et exploiter ». D’autres numéros portent sur l’Himalaya et la Chine.

Cette collection de livres pliés est conçue par les ateliers Henry DOUGIER, qui selon l’auteur, « met en scène les basculements du monde ».

C’est aussi une ressource utilisable pour les questions relatives à la mondialisation, dans les classes de terminales en particulier.

Nous remercions une nouvelle fois Mme VEYRET pour sa disponibilité.

Jean-Pierre BELLANGER

(Octobre 2015)

En pièce jointe : 

- le texte de ce compte rendu en pdf;

- un diaporama présentant trois regards singuliers et croisés de formateurs sur le DD, les risques et la Guadeloupe;

- un diaporama présentant des outils pour la refexion et l'enseignement sur le thème "la Guadeloupe face aux risques dans son développement durable".

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