Histoire et Géographie

Proposition d'étude de cas sur l'interface caraïbe.

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Ci-dessous une proposition d'étude de cas sur l'interface caraïbe.

Programme de terminale ES et L

Le bassin caraïbe : interface américaine, interface mondiale – Etude de cas

 

Démarche

Si l’on adopte l’ordre des thèmes préconisés par les programmes, l’étude de cas se situe à un moment où les élèves auront déjà appréhendé les différentes grilles de lecture du monde actuel (géoéconomiques, géopolitiques, géoculturelles, géoenvironnementales…) ainsi que les dynamiques, dispositifs, processus, acteurs, flux… de la mondialisation. La réflexion sur ces deux premiers thèmes se situant davantage à l’échelle mondiale (dans la mesure où elle ne privilégie aucun lieu particulier, à l’exception de la ville mondiale), l’étude de cas est l’occasion de mobiliser et d’utiliser les connaissances et les savoir-faire à une autre échelle.

L’étude du « bassin caraïbe » est partie intégrante du thème portant sur les dynamiques géographiques des grandes aires continentales (Amérique, Afrique, Asie du Sud et l’Est) Si l'on tente d’expliciter la démarche du programme, on « descend » d’une thématique construite autour des outils du géographe, que sont les cartes à des degrés + ou – poussés d’abstraction, vers des objets géographiques davantage « incarnés » dans les territoires de la mondialisation ou les configurations continentales.

 

Enjeux

L’étude de l’interface devant « introduire » la question propre à l’Amérique, elle doit aborder les éléments essentiels de la puissance des Etats-Unis ET les diverses modalités d’affirmation et de développement du Sud à l’échelle régionale.

La Caraïbe est une interface ancienne dans les économies-mondes depuis le XVIe siècle où le couple tensions-intégration occupe une place déterminante (conquête/ créolisation ; rivalités coloniales/ système des plantations qui tend à uniformiser la région ; indépendances / tentatives d’association régionale)

L’étude de l’interface doit expliquer un dispositif propre

·       à l’Amérique : couple puissance étasunienne/ affirmation-émergence des Etats et territoires caribéens qui prépare l’étude de la confrontation EEUU / Brésil

·       et au « monde », mise en relation Est-Ouest, routes du tour du monde, investissements asiatiques et européens, enjeux pour le commerce mondial et le tourisme…

·       … en mettant en avant la complexité des flux et leur évolution récente (attractivité du Sud) ainsi que l’organisation des pôles- hubs régionaux concurrents.

La mise en œuvre de l’étude de cas de l’interface s’appuie sur les axes suivants :

·       La définition des contours qui délimitent une Grande Caraïbe dont l’extension englobe un Nord et un Sud par ailleurs identifiés  - ici on se référera aux réflexions et définitions émanant des revues Mappemonde, « Le Monde Caraïbe », n° 72, 4e trimestre 2003 et Hérodote, « Méditerranée américaine », n°27, 1982 – mais dont il s’agit de nuancer, voire de remettre en cause,  la pertinence compte tenu du développement d’un grand nombre de territoires relevant de l’interface.

·       La confrontation de deux aires de développement et d’influence (Amérique du Nord anglosaxonne / Amérique latine et Caraïbe) marquée : - d’une  part par l’influence économique, militaire, géopolitique et culturelle des Etats-Unis, mais dont le retrait, sinon le déclin, sont manifestes – de l’autre par  l’affirmation économique (la réussite de Panama), politique (la révolution bolivarienne) et culturelle (la réhispanisation du sud des Etats-Unis.) d’un Sud composite.

·       Des dispositifs économiques propres aux « Suds », classiques - zones franches, zones portuaires d'exportation et de traitement des matières premières, aménagements touristiques...- et plus récents : commerce et jeux électroniques en ligne, services bancaires, chaînes logistiques... (voir « Les Caraïbes dans la géopolitique mondiale », sous la direction d’Eric Lambourdière, Ellipses, 2007). Ces dynamiques conduisent à préciser et à incarner le processus d’intégration différentielle des territoires dans la mondialisation vu dans les séances précédentes. 

·       La diversité des flux et la vocation logistique - particulièrement dans le cadre de l'élargissement du Canal de Panama  et de la multiplication des ports de transbordement à l’origine d’une sévère concurrence régionale (voir l’article « la région centrale de Panamá, un nouvel espace mondial ? » Anne Colin Delavaud, in L’information géographique, juin 2011.

·       Des nombreux processus d'intégration régionale.

·       La place occupée par les flux illicites et les activités illégales ou criminelles sans en faire la caractéristique majeure (trait encore repris par certains manuels).

 

Ce qui pourrait changer dans notre approche.

 

·       Il est nécessaire d’adopter de façon définitive (bien qu’il s’agisse d’une création historique donc sujette à évolution) les contours de la grande Caraïbe. Ceci nécessite d’ancrer l’étude de l’interface dans les démarches géoéconomiques,  géopolitiques, géoculturelles… et de relativiser les éléments d’approches physiques ou naturalistes.

 

·       Nous devons abandonner l’obsession de la ligne de délimitation Nord Sud car celle-ci n’est plus pertinente. Si les différences subsistent entre le Nord du continent américain et les autres composantes, elles engendrent davantage des dynamiques d’échanges que des effets de rupture ou de fracture - bien que ceux-ci s’incarnent encore avec force à la frontière Mexique / Etats-Unis-.

·       Ces recommandations nous amènent à rompre avec une vision figée des Nords et des Suds car « l’opposition Nord/Sud est partiellement remise en cause par le développement d’une partie des Suds » (thème 1 du programme). Cette remarque vaut en tout premier lieu pour la Caraïbe.

·       Nous devons saisir l’occasion pour renouveler l’approche cartographique (croquis, schémas, modélisation) de la région.

 

Mise en œuvre.

 

L’étude de cas peut donner lieu aux trois types d’exercices prévus au baccalauréat : composition, étude critique de document(s), croquis.

Nous proposons de dérouler l’étude sous la forme d’un entraînement à la composition avec schémas.

Les problématiques s’articulent essentiellement sur la double vision : puissance du Nord et affirmation du Sud. 

 

 

 

I Les contours d’une interface originale.

 

A Un espace de contact entre Amérique du Nord et du Sud de configuration complexe :

îles, archipels, Isthme, façades continentales… Une démarche classique qui peut cependant être renouvelée pas la mobilisation des éléments étudiés dans le chapitre « espaces maritimes, approches géostratégique » qui permettra de préciser les enjeux maritimes à une échelle régionale.

 

B Une diversité linguistique, culturelle et géopolitique en héritage.

Utilisation des cartes géoculturelles et géopolitiques à l’échelle de la région (ressources : les manuels, le site académique, l’Atlas Caraïbe…) Cette évocation est l’occasion d’incarner la problématique centrale : puissance et influence de la culture nord-américaine et affirmation de la vigueur de la culture latine.

 

C Des situations de développement contrastées mais une large palette de nuances.

Pas de difficulté dans l’utilisation des cartes de l’IDH qui montre bien les nuances et les degrés d’intégration des territoires à la mondialisation mais nécessité d’utiliser d’autres données : taux d’analphabétisme (particulièrement féminins).

La manuel Hachette offre une bonne approche cartographique en montrant les nuances de l’intégration des territoires caribéens (page 223)

 

II Une zone d'échanges continentaux et mondiaux.

Cette partie se prête facilement au schéma de travail.

 

A Des flux à l’échelle continentale.

Flux migratoires (esquisser le renversement actuel au profit des Suds…), flux d’hydrocarbures, flux touristiques, investissements.

 

B Des flux à l’échelle mondiale.

Mêmes exemples de flux mais on met l’accent sur

·       l’Europe (exemple des migrations domiennes et haïtiennes et des flux de touristes européens à destination de la République dominicaine par exemple)

·       l’Asie : investissements dans certains secteurs clés (exemple les ports, le Canal…)

 

C Des pôles qui organisent les réseaux (maritimes et aériens) et les activités logistiques.

A partir de l’exemple de Miami dont l’impulsion domine (nombreux documents dans les manuels), affirmation d’autres pôles ou relais au sud et leur hiérarchisation.           

 

III L’affirmation d’une intégration régionale dans un contexte de fortes pressions continentales et de mondialisation.

 

A  Les tentatives d’organisation régionale : Caricom, OECS, AEC…face aux dynamiques de l’ALENA, du MERCOSUR, de l’ALBA.

A partir de cartes (manuels, Atlas Autrement…)

 

B Les industries de l’énergie (Trinidad), les zones franches (Jamaïque et République dominicaine), les services électroniques délocalisés (Barbados, Antigua et Barbuda) : des facteurs d’intégration à l’échelle continentale et mondiale.

Exemple : industries de l’énergie à Trinidad http://www.bdc.co.tt/exportdirectory/profiles.php?cid=3&lang=fr&docID=32 

 

 

Call centers en République dominicaine

http://www.callcenterdirectory.net/call-center/Dominican-Republic/direc…

Services offshore à Antigua et Barbuda (en particulier jeux et casinos en ligne)

http://www.investantiguabarbuda.org/abia/offshore/gaming.aspx

 

 

C La Caraïbe, nouvel espace mondial ? Logistique et tourisme.

Exemple : Panama

 « La région centrale de Panamá, un nouvel espace mondial ? » Anne Colin Delavaud, in L’information géographique, juin 2011. Bonne étude.

Concernant le tourisme, la plupart des manuels proposent des pages ou des dossiers suffisamment documentés.

 

 

Remarque : la première partie (les contours d’un espace original) peut faire l’objet d’un travail de recherche en amont par les élèves. Les deux parties suivantes, qui vont donner vraiment corps à l’interface et montrer « comment se dénouent les dynamiques de la mondialisation dans les territoires », seront menées en classe.

           

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