Sciences et Techniques Industrielles - LP

Inspectrice, Drane, cheffe d’établissement, formateur académique, enseignants, tous mobilisés sur la qualité de l’enseignement en s’appropriant l’utilisation de l’IA.

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Au lycée Bertène Juminer, une formation animée par Robert Vincent a initié une quinzaine d’enseignants de la filière gros œuvre à l’usage de l’intelligence artificielle pour préparer des cours plus rapidement et les rendre plus attractifs pour les élèves.

Pendant une matinée de formation, des enseignants de plusieurs lycées professionnels ont découvert comment utiliser différentes IA (dont des agents conversationnels) pour générer des méta-prompts, structurer des séquences et séances, puis produire des supports de cours personnalisables (documents, diaporamas, activités interactives). Robert Vincent insiste sur le fait que l’IA reste un outil au service de l’enseignant : elle fait gagner du temps sur la conception, mais ne remplace ni l’expertise pédagogique ni le nécessaire contrôle critique des contenus.

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France Antille IA 2

Les participants constatent qu’un travail qui demandait auparavant des dizaines d’heures de préparation peut être amorcé en quelques minutes, ce qui leur permet de se concentrer sur l’adaptation aux profils d’élèves, la différenciation pédagogique et l’attractivité des cours. L’IA est aussi présentée comme un levier pour adapter les supports aux élèves en difficulté de lecture ou allophones (version audio, vidéo, documents simplifiés).

L’inspectrice Kathy Thomias explique que cette action s’inscrit dans un plan de formation pluriannuel : découverte des outils la première année, différenciation pédagogique la deuxième, puis suivi de parcours individualisés la troisième. 

La proviseure Pascale Chanlot souligne que l’IA devient un passage obligé pour individualiser et personnaliser les apprentissages, à condition que les enseignants dépassent un simple usage de base et développent l’esprit critique des élèves vis-à-vis des réponses fournies par les IA.

Enfin, plusieurs enseignants témoignent du gain de temps, de l’aide apportée à la progression pédagogique et de la possibilité de décliner un même cours en plusieurs niveaux, tout en rappelant que l’enseignant reste responsable des contenus et de leur validation. L’article rappelle aussi qu’en France, seule une minorité d’enseignants est actuellement formée à l’IA, bien en deçà de la moyenne des pays de l’OCDE, ce qui renforce l’enjeu de ce type d’initiatives.

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Vision globale des enseignants
Les enseignants voient l’IA comme un outil de gain de temps, d’appui à la préparation de cours et de montée en compétences, mais pas comme un substitut au professeur. Ils insistent sur la nécessité de garder la main sur les contenus, de corriger les productions de l’IA et de l’utiliser au service de la pédagogie et de la différenciation.


Vanessa Bergame
Vanessa Bergame souligne que l’IA l’aide à écrire des méta-prompts, à actualiser ses progressions pédagogiques et à refaire des fiches de séquences plus interactives pour ses élèves de bac pro. Elle insiste sur l’apport de l’IA pour adapter les supports aux élèves allophones ou en difficulté de lecture, en transformant les cours écrits en vidéos ou audios, ce qui est pour elle essentiel à la différenciation pédagogique.


Xavier Lascary
Xavier Lascary met en avant la découverte de différents types d’IA et de leur intégration dans les pratiques de classe pour « monter en compétence ». Il retient surtout l’importance des prompts et méta-prompts comme façon de « parler » à l’IA pour obtenir l’aide attendue dans la réalisation de leurs cours, en particulier sur la dimension pédagogique.


Laetitia Manette
Pour Laetitia Manette, jeune enseignante, l’IA ne fera jamais le travail à sa place mais représente un outil très enrichissant qui réduit son temps de préparation. Elle insiste sur l’enjeu de choisir l’IA la plus adaptée, de bien rédiger les prompts et de toujours corriger les propositions de l’outil, qu’elle perçoit comme un soutien pédagogique précieux.


Teddy Toussaint
Teddy Toussaint voit dans l’IA un moyen de produire plus vite des supports plus attractifs et mieux adaptés à une génération très numérique. Il insiste sur la possibilité de décliner un même cours à plusieurs niveaux, avec différents types de supports (vidéos, jeux, etc.), pour accompagner chaque élève selon ses besoins, ce qui allège un travail habituellement très énergivore.
 

Conclusion

L’article montre que la formation au lycée Bertène-Juminer marque un tournant : l’IA y est clairement posée comme un outil au service des enseignants, pour gagner du temps, enrichir les supports et mieux différencier les apprentissages, sans jamais se substituer à leur expertise. Les témoignages des professeurs, de l’inspectrice et de la proviseure convergent vers la même idée : pour préparer les élèves au monde de demain, il devient indispensable que les équipes pédagogiques se saisissent de l’IA, la maîtrisent et développent, avec les élèves, un véritable esprit critique sur ses usages.

Document
france_antilles_ia.pdf PDF – 960.93 Ko

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