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Filles et mathématiques : des données issues du terrain pour éclairer les pratiques

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Filles et mathématiques : des données issues du terrain pour éclairer les pratiques

Des constats objectivés par la formation

Les données recueillies dans le cadre des formations Plan Filles et Mathématiques apportent un éclairage précieux sur les pratiques enseignantes et les représentations en jeu dans la classe.

Elles permettent de dépasser les impressions pour s’appuyer sur des éléments objectivés et identifier des leviers d’action concrets.

Des pratiques globalement égalitaires… mais des biais persistants

Les résultats du sondage montrent que les enseignants déclarent majoritairement adopter des pratiques égalitaires :

  • 90,44 % estiment que le genre n’influence pas leur gestion des erreurs ;
  • 90,44 % considèrent que filles et garçons ont les mêmes aptitudes en mathématiques ;
  • 77,21 % pensent que leurs croyances n’influencent pas leurs pratiques.

Cependant, certains résultats mettent en évidence des biais implicites :

  • 61,76 % envoient plus facilement une fille au tableau pour une rédaction soignée ;
  • 83,09 % utilisent les mêmes stratégies sans différenciation de participation ;
  • 68,38 % n’encouragent pas spécifiquement les filles à relever des défis complexes.

Ces écarts entre représentations déclarées et pratiques effectives constituent un enjeu central de la formation.

Des élèves intéressées… mais moins engagées

Les données issues des études nationales et du rapport du Sénat confirment un paradoxe :

  • 88 % des filles déclarent aimer les sciences ;
  • mais près d’un tiers (30 %) indiquent oser moins s’exprimer en mathématiques.

Ce décalage met en évidence l’importance du climat de classe, de la confiance en soi et des interactions pédagogiques.

Des écarts qui apparaissent tôt

Les constats montrent que les différences ne sont pas liées aux capacités initiales :

  • les filles réussissent mieux globalement au bac ;
  • elles sont plus diplômées que les garçons ;
  • mais elles s’orientent moins vers les filières scientifiques.

Ces éléments soulignent le rôle des représentations et des conditions d’apprentissage dans la construction des parcours.

Un moment clé : l’orientation

Les données montrent que les choix d’orientation vers les métiers scientifiques se construisent précocement :

  • 26 % des filles ont une vocation avant 16 ans ;
  • 60 % font leur choix entre 16 et 18 ans.

Ces résultats mettent en évidence l’importance d’agir dès le collège et le lycée pour accompagner ces choix.

Des données au service de l’action pédagogique

Ces constats invitent à agir sur plusieurs leviers :

  • favoriser la prise de parole des filles ;
  • encourager l’engagement dans les tâches complexes ;
  • travailler la confiance en soi ;
  • interroger ses pratiques et ses interactions en classe.

Ils rappellent également que l’égalité ne se limite pas à une intention, mais nécessite une vigilance constante sur les pratiques quotidiennes.

À retenir

  • Les enseignants déclarent des pratiques égalitaires, mais des biais implicites subsistent ;
  • Les filles s’intéressent aux sciences mais s’engagent moins ;
  • Les écarts relèvent davantage des représentations que des capacités ;
  • La classe constitue un levier majeur pour agir.

Sources et bibliographie

  • Formation Plan Filles et Mathématiques – Académie de Guadeloupe (2025-2026)
  • Rapport du Sénat – 7 octobre 2025
  • Enquête CSA (juillet 2024) – jeunes de 11 à 17 ans

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