Des représentations qui influencent les parcours
Les mathématiques restent encore associées à des représentations sociales qui peuvent influencer l’engagement des élèves et leurs choix d’orientation. Ces représentations, souvent implicites, contribuent à construire un rapport différencié à la discipline selon les élèves.
Les travaux de recherche montrent que les filles et les garçons disposent de compétences comparables en mathématiques en début de scolarité. Toutefois, des écarts apparaissent progressivement, notamment en lien avec la confiance en soi, le rapport à l’erreur et la projection dans les études scientifiques.
Les données issues des formations confirment ce phénomène et mettent en évidence un décalage entre l’intérêt pour les sciences et l’engagement effectif en mathématiques, en particulier chez certaines élèves.
Des mécanismes identifiés en formation
Les formations du Plan Filles et Mathématiques permettent de mettre en évidence plusieurs mécanismes à l’œuvre :
- les stéréotypes de genre associés aux disciplines scientifiques ;
- la sous-estimation de ses propres capacités ;
- l’influence des attentes perçues (effets Pygmalion et Golem) ;
- la menace du stéréotype, qui peut impacter la performance.
Ces mécanismes, souvent inconscients, peuvent influencer les comportements des élèves et leur engagement dans les activités proposées.
Les données recueillies lors des formations montrent également que ces mécanismes ne concernent pas uniquement les élèves : 22,06 % des enseignants reconnaissent l’existence possible de biais dans leurs pratiques, tandis que 16,91 % indiquent ne pas avoir encore réfléchi à cette question. Ces résultats soulignent l’importance d’un travail réflexif sur les gestes professionnels.
Le syndrome de l’imposteur : un frein à l’engagement
Le syndrome de l’imposteur correspond au sentiment de ne pas être légitime malgré ses réussites. Il est fréquemment observé chez les élèves, en particulier chez celles qui doutent de leurs capacités en mathématiques.
Il peut se traduire par :
- une hésitation à participer à l’oral ;
- une difficulté à s’engager dans des tâches complexes ;
- un renoncement face à des filières perçues comme exigeantes.
Les formations mettent en évidence que ces phénomènes peuvent être renforcés par certaines pratiques de classe, notamment lorsque les élèves ne sont pas suffisamment encouragés à prendre des initiatives ou à s’engager dans des tâches exigeantes.
Prendre en compte ce phénomène permet d’adapter les pratiques pédagogiques afin de sécuriser les élèves et de renforcer leur confiance.
Des outils pour travailler les représentations en classe
Plusieurs ressources permettent d’aborder ces questions avec les élèves de manière concrète :
- Jeu « Femmes scientifiques » : une ressource interactive pour découvrir des parcours et questionner les représentations.
Ces supports peuvent être utilisés pour :
- engager des discussions en classe ;
- valoriser des figures scientifiques féminines ;
- interroger les représentations des élèves.
Les formations proposent également des dispositifs concrets, tels que des activités de type « Vrai ou Faux » ou des débats argumentés, permettant de faire émerger et de questionner les représentations des élèves dans un cadre structuré.
Faire évoluer ses pratiques pédagogiques
Les ressources Eduscol proposent des pistes concrètes pour agir sur les représentations :
Faire évoluer les représentations des élèves sur les mathématiques – Eduscol
Parmi les leviers identifiés :
- diversifier les situations d’apprentissage ;
- valoriser les démarches plutôt que la performance immédiate ;
- proposer des modèles variés ;
- installer un climat de classe sécurisant.
Les données issues des formations invitent également à porter une attention particulière à l’encouragement face aux tâches complexes, levier essentiel pour développer la confiance et l’engagement des élèves.
Vers une culture scientifique plus inclusive
Déconstruire les stéréotypes ne consiste pas seulement à corriger des représentations, mais à permettre à chaque élève de s’engager pleinement dans les apprentissages et d’envisager des parcours ambitieux.
Cette démarche s’inscrit dans une action progressive, qui repose à la fois sur la formation des enseignants, l’évolution des pratiques pédagogiques et la mise à disposition de ressources adaptées.
Elle implique également une réflexion collective au sein des équipes pédagogiques afin d’inscrire ces évolutions dans la durée.
À retenir
- Les stéréotypes influencent le rapport des élèves aux mathématiques ;
- Le syndrome de l’imposteur constitue un frein à l’engagement ;
- Des biais implicites peuvent exister dans les pratiques et nécessitent un travail réflexif ;
- Des outils existent pour travailler ces questions en classe ;
- Les pratiques pédagogiques jouent un rôle déterminant.
Sources et bibliographie
- Faire évoluer les représentations des élèves sur les mathématiques – Eduscol
- Jeu « Femmes scientifiques » – Cité des sciences
- Document de formation académique – Plan Filles et Mathématiques (académie de Guadeloupe)
- Texte « Femmes et sciences » (Sandrine Aragon, Isabelle Vauglin, 2024)
- Ressources Canopé – Égalité filles-garçons
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