Arts Plastiques

Mutualisation des pratiques d'enseignement des Arts Plastiques

 

Projet de mutualisation des pratiques d’enseignement des arts plastiquesOctobre 2014 Autour des œuvres et démarches artistiques caribéennes

 

Le 15 octobre 2014 les professeurs d’arts plastiques en ateliers  animés par les professeurs formateurs et professeurs ressources ont choisi des œuvres caribéennes (une à trois reproductions par groupe). Ils ont cherché des entrées, des problématiques relatives à la dimension matérielle, plastique, sensible des œuvres en relation avec le sens et préparé un compte rendu à publier sur le site académique. Ce sont ces comptes rendus que vous trouverez ici : A vous de vous saisir des œuvres et questions que vous souhaitez pour des propositions pédagogiques, des cours en relation avec le niveau où vous enseignez et le programme. Pensez à garder des traces de ces propositions  (travaux d’élèves, photographies, préparations…) pour une exposition-mutualisation lors de la journée académique du 25 mars en principe. Nous espérons que tous les professeurs d’arts plastiques de Guadeloupe participeront à cet échange professionnel.

Atelier 1

1- Collection Edouard Duval-Carrié Bouteille décorée d'Erzulie Freda - • classe de 6ème : patrimoine, détournement du sens d'un objet, Collection, transformation, métissage de matériaux, recyclage  - 2- Représentation géante dans la cours Schœlcher d'Ano Eddy Firmin 2014" Nègre Marron" à partir de la gravure de William Blake fin XVIIIème siècle. Exposition Carte Blanche «  Résistances-Présences marronnes Musée Schoelcher Pointe à Pitre 2014 (photographie Jocelyn Valton) Classe de 3ème : Espace, échelle,  mémoire, lieu, aliénation, pouvoir. • classe de 4ème : la copie, contexte d'une image ou œuvre : modification dans le sens du contexte 3- "Arnaldo Roche-Rabell "You have to dream in blue"1986 Huile sur toile (213,4 x 152,4 cm) " Arnaldo Roche-Rabell est principalement préoccupé par l'ambivalence historique, politique et culturelle qui caractérise son pays d'origine. Certaines de ses peintures sont particulièrement illustratives de l'effort de construire une identité des fragments d'un passé à la fois douloureux, tragique et toujours présent. De roche-Rabell intègre « un sous-texte politique concernant les relations entre les Etats-Unis et le Commonwealth de Puerto Rico » (Hobbs, 16). En 1996, ses pièces évoluant autour du dialogue entre les Etats-Unis et ses dépendances des Caraïbes ont été établies pour une exposition intitulée The Uncommonwealth, organisée par Robert Hobbs. Parmi les plus célèbres peintures de Roche-Rabell  se trouve "You have to dream in blue" (1986), où le contraste entre les yeux bleus superposées sur un visage mulâtre souligne la complexité de la vie d'un individu colonisé. Il est assigné à rêver en bleu par une culture dominante, dont les membres sont ethniquement et culturellement différentes. » L'oeuvre fut exposée au musée "el museo del barrio" à New-York lors de l'exposition "Caribbean: crossroads of the world" (2012/2013). • classe de 5ème : l'imaginaire, l'autoportrait.- Les matériaux du portrait • classe de 4ème : Image/référent 4- Le Baron triomphant, Edouard Duval-Carrié, 2011, Techniques mixtes 9 panneaux d'aluminium (61cmx61cm chacun),. Exposition - Haïti, l’art et la mort Né en Haïti(1954) E. Duval-Carrié vit maintenant à Little Haïti, à Miami. Ses tableaux, peintures acryliques, installations, sculptures en résine, œuvres sur papier... associent fables africaines, mythologie classique d’Haïti et événements mondiaux contemporains. Ils re?ètent la complexité de l’héritage français et du patrimoine africain post-colonial en Haïti. Il interprète notamment la migration du vaudou, religion évolution constante, vers les États-Unis. Il est fondateur du projet The Haïtian Cultural Arts Alliance et associé au nouveau Centre culturel haïtien de Miami » « Le Baron triomphant laisse planer le mystère sur la destination de Bawon Samdi. Se retourne-t-il pour murmurer au revoir (« à la prochaine ») ou dire un adieu final et sans appel? La réponse se trouve peut-être dans les circonvolutions du ciel étoilé. Encore faudrait-il savoir les déchiffrer...Edouard Duvall-Carrié "Le baron triomphant"2011 »

.Classe de 5ème: Le choix du médium, de la technique et du support. Comment ces choix peuvent-ils renforcer la signification de l'oeuvre? .Classe de 4ème: image, La partition, la fragmentation

Atelier 2

Œuvres choisies : 1- Herbert EDAU (Guadeloupe)- « Paysage Révolutionnaire »,   54x60cm. Technique mixte sur toile,2004.

Echanges et réflexions autour des œuvres choisies

Herbert EDAU (Guadeloupe)- « Paysage Révolutionnaire » Il s’agit d’une œuvre utilisant une technique mixte (peinture acrylique et collage de dessins effectués par l’artiste et imprimés puis collés sur la toile). L’impression des dessins qui représentent une foule de personnages en ombre chinoise est faite sur des feuilles d’annuaire : idée d’une foule anonyme qui retrouve une identité au travers de tous ces noms de personnes réelles. Idée de partir du collectif pour revenir vers l’individu. Le format, le cadrage font penser à ceux de photo d’identité (même si l’œuvre fait en réalité environ 80cm x 60cm) : idée de portrait collectif, figuratif… Nous trouvons que le sujet correspondrait bien au niveau de la classe de 5eme et 4eme dans le cadre du statut de l’image. Ici le format participe pleinement au sens de l’œuvre, en plus de la couleur et de la matière. Nous soulevons l’importance du cadrage à nouveau et du hors champs en particulier. L’importance du non-montré, du non-dit de l’œuvre. Dans les programmes de 5eme : non-dit, non-montré dans le format et le matériau. Une autre notion transparaît dans cette œuvre : celle de la dialectique figuration (foule)/abstraction (fond). Toujours en rapport avec le format, une autre idée émerge : celle de l’utilisation de sa matérialité dans sa contradiction, ou en dehors de l’utilisation attendue des formats. Utiliser un format vertical pour un paysage, un format horizontal pour le portrait par exemple. Nous nous orientons donc sur le cadrage où le format fait sens. Nous trouvons que les mêmes préoccupations ressortent de l’œuvre de DESERT qui transpose le même portrait (autoportrait) utilisé dans des cadrages, des formats et contextes différents. Le support à première vue insignifiant va porter une œuvre, une idée importante et va être utilisé pour servir cette idée. Nous abordons une seconde entrée, celle de la matérialité et de la mixité des matières qui correspondent davantage au programme des 6eme. Nous mettons en exergue la similitude sur les trois premières œuvres étudiées de la dialectique entre la couleur et le noir et blanc.

2- Jean Ulrick Désert

Jean Ulrick Désert est né à Port au Prince a Haïti. Il vit et travaille à Berlin en  Allemagne. Il pratique l’installation, la performance, la  photographie,  le mixed media et la vidéo.

Source : http://www.uprising-art.com/portfolio/jean-ulrick-desert-haiti/

Jean- Ulrick Désert a obtenu ses diplômes en architecture à la  Cooper Union et à Columbia university (New York) .Il a vécu aussi à Paris et travaille actuellement à Berlin depuis 2002. J.U Désert a donné des conférences et a été invité en tant que critique aux Universités de Princeton, Yale, Columbia, Humboldt et à l’École Supérieure des Beaux-arts. Il enseigne actuellement à L’institut Trans Art depuis 2013. L'art de Jean-Ulrick Désert s'étend sur plusieurs médias et méthodes. Son œuvre conceptuelle engage les pratiques sociales et culturelles. Ses œuvres changent de formes telles que les panneaux billboard , des "performances" , des tableaux, des sculptures in situ dans l'espace public, des vidéos et des objets. Bien connu  pour son "Negerhosen2000" et le  "Projet Burqa" , Désert associe souvent les iconographies culturelles et la métaphore historique pour perturber , modifier et déplacer des sens présupposées par le public. Il a dit que ses démarches artistiques peuvent être qualifiées comme la visualisation de «l'invisibilité ».

Source : http://www.jeanulrickdesert.com/biography

Parcours : Diplômé en architecture de la Columbia University Graduate School of Architecture (1993) et de la Cooper Union for the Advancement of Science and Art (1985) à New York. Jean-Ulrick Désert a reçu des bourses de la Cité Internationale des Arts de Paris (2001 et 2010), du Lower Manhattan Cultural Council (2002 et 2004) ; de la Brave New Art Foundation de Rotterdam (2004) ; de la Villa Waldberta à Feldafing en Allemagne (2005 et 2006). Expositions : Ses dernières expositions individuelles incluent The Goddess Project / Shrine of the Divine Negress no. 1 à la Dada Post Gallery de Berlin (2010) ; Postkarten Von Meinen Lieben (Postcards from my loves) – installation d’art public sur des panneaux publicitaires à Munich (2006) ; The Passion au Stadtmuseum de Munich (2006) ; Das Burqa Projekt : An Den Grenzen Meiner Träume Begegnete Ich Dem Gesit Meines Doppelgängers – installation dans le Bureau de l’Immigration de Munich, avec la galerie Szuper Gallery (2005), au Lower Eastside Tenemennt Museum et au Lower Manhattan Cultural Council de New York (2002) et à la galerie SOX36 Das Schaufenster de Berlin (2002) ; Jn. Ulrick Désert au Kunstverein de Wolfsburg en Allemagne (2004) ; The White Man Project à la BRUCE Brave New Art Foundation de Rotterdam en Hollande (2004) et Negerhosen2000 à l’Aktionsforum de Munich (2001). Quant à ses participations à des expositions collectives, elles concernent : Radical Presence : Balck Performance in Contemporary Art au Contemporary Arts Museum Houston aux États-Unis (2012) ; Who More Sci-Fi Than Us à la Kunsthal KadE d’Amersfoort en Hollande (2012) ; Building Dwelling Thinking à Smartloft à Berlin (2011) ; Making Mirrors / Of Body and Gaze à la Neue Gesellschaft für Bildende Kunst (NGBK) à Berlin (2011) ; Wrestling with the image au Art Museum of the Americas de Washington (2011) ; Urban Memories à l’Altes Museum Neukölln de Berlin (2010) ; Comet Prussia à la Werkstattgalerie de Berlin (2009) ; Signs Taken for Wonders à la Jack Shainman Gallery de New York (2009) ; Kreyol Factory à la Grand Halle de la Villette, Paris, France (2009) ; Infinite Island: Contemporary Caribbean Art au Brooklyn Museum de New York (2007-2008) ; Sexwork : Art Myth Reality dans trois lieux de Berlin (2006) ; Zeichnung au Schwules Museum de Berlin (2004) ; Veni Vidi Video II au Studio Museum Harlem (2004) … Jean-Ulrick Désert a représenté l’Allemagne et Haïti à la 10e Biennale de La Havane (2009).

Source : http://www.uprising-art.com/portfolio/jean-ulrick-desert-haiti/ Textes traduit de l’anglais.

Lien : http://www.jeanulrickdesert.com/

La Démarche de  DESERT L’opposition couleur/noir et blanc est également très présente.

« Sortir des sentiers battus » : remise en question des évidences : matérialité > mixité des matériaux > illusion

Nous arrivons à l’idée de la remise en cause des évidences : que se passe-t-il quand un des codes n’est pas respecté ou est modifié ? 3- Jorge PINEDA (Dominique)

Afro charlie, Figure d’adolescent Coupe dans un bois polychrome, planche de skate board, graphite sur mur Installation, 2009. Jorge PINEDA, Afro charlie, Figure d’adolescent L’idée de mixité des matériaux ressort fortement (sculpture, dessin, installation) ainsi que l’opposition couleur (sculpture) et noir et blanc (dessin à la mine de plomb sur le mur)…

Problématiques et questions -« En quoi le choix du format/cadrage peut-il faire sens ? » -La démarche est elle une œuvre ? -Le contraste plus qu’un simple effet ? -les questions se rapportant aux : -Format/cadrage -Couleur/noir et blanc -Mixité des médiums…

Atelier 3

1. Jason de Caires Taylor, Sculpteur d’origines anglo guyanaise, né en 1974 Baie de Molinière, Grenade Début de l’installation des sculptures en 2001, entre 8 et 10 mètres sous l’eau Ciment

Ses sculptures sous marines Compte rendu des discussions

Espace de l’œuvre et relation au spectateur Obligation faite au spectateur de se retrouver sous l’eau et d’être donc entièrement immergé dans cet élément avec une vision mouvante, déformé et différente selon les moments. L’élément eau n’est pas innocent, il peut être l’objet d’expériences vécues de crainte, voire même de phobie ou au contraire de bienêtre.  Les élèves auront certainement vécus de manières sensibles ces sensations, probablement différentes selon chacun car très intimes. Les sens du toucher et de la vue sont très sollicités. Certains enseignants ont fait état d’une impression de morbidité devant cette œuvre. Aspect monumental de l’œuvre qui est placée dans un espace infini dont les limites sont abolies. Ceci peut être aussi relié à notre statut d’îliens. Cette œuvre ne fait sens que sur le lieu dans lequel elle est présentée.

La relation au temps et au hasard L’œuvre de deCaires interroge la temporalité, car elle est en évolution. Le corail pousse sur les sculptures et les modifie entièrement au point de les rendre imprécises. Il les métamorphose. Le vivant, la nature deviennent des éléments constitutifs de l’œuvre. C’est le hasard et la nature qui finalisent l’œuvre.   Cette colonisation aléatoire, tout au moins non maîtrisée par l’artiste ne permet pas de projection dans le temps. Elle laisse une interrogation sur ce que sera l’œuvre dans quelques années. Il y a une acceptation de ce que le temps fait de l’œuvre. Un enseignant a relevé que sous l’eau le temps semble s’arrêter.

Un discours politique, un engagement écologique En utilisant la biodiversité comme élément constitutif de l’œuvre, l’artiste délivre un propos politique sur l’écologie : la nécessité de protéger les écosystèmes et l’action de l’homme soit en tant que destructeur, soit en temps que protecteur de la nature sous marine. L’intervention de l’homme permet de faire renaître le corail. L’humain disparaît au profit de la nature qui reprend le dessus

Des pistes: Une artiste guadeloupéenne utilisant aussi la nature comme point de départ : Guy Gabon Les problématiques soulevées par le Land Art Ernest Pignon Ernest Arbrorigènes   Armée chinoise mausolée de l’empereur Qin, les ruines, les traces, la mémoire Pompeï, la mythologie, l’Atlantide Idée de l’aquarium un espace comme un microcosme sanctuaire Proposer aux élèves un travail sur l’année scolaire entière ou sur un temps donné plus court, avec ou pas des interventions ponctuelles, des photos à intervalles réguliers pour interroger le passage du temps. Une enseignante a proposé l’usage de l’argile qui peut se détériorer assez vite à l’extérieur, on peut garder trace des modifications d’une semaine à l’autre. Une autre a proposé un travail avec des graines contraintes ou pas. Le résultat pouvant être rapidement exponentiel en raison des conditions climatiques locales.

Lycée, 3ème espace, corps et spectateur, 4ème le temps, 6ème avec l’objet la forme de départ disparaît 2. Kara Walker plasticienne afro américaine

A subtlety or the marvellus sugar baby, juin 2014 Domino Sugar factory, Brooklyn

Le corps entre déformation et monumentalité Kara Walker, par cette représentation féminine agrandie, grossie crée une femme monumentale qui occupe tout l’espace de l’usine Ce corps immense fait penser à un objet de culte. Ce n’est pas un corps qui souffre mais un corps épanoui, bien nourri, généreux. On a relevé que la frontière entre un corps bien  nourri et l ‘ « overdose » est ténue.

Des matériaux signifiants Du polystyrène coupé en carreaux, recouvert d’un mélange de sucre et d’eau au rendu parfaitement blanc. Des personnages en sucre, mélasse qui fond, se transforme avec le temps et la chaleur. Le sucre appelle de nombreuses sensations : collant, odorant, gouteux. Il peut être roux en poudre, blanc, visqueux…il est l’objet de transformations et peut prendre des apparences très différentes. Le sucre c’est aussi de l’énergie pour le corps humain.

Engagement de l’artiste, la dénonciation L’artiste joue sur les stéréotypes, une femme de type « noire » d’un blanc parfait,  une femme portant fichu rappelant « Aunt Jemina ». Elle rend hommage au travail des esclaves. Elle interroge aussi les questions raciales et de sexualité.

Une œuvre pour un lieu L’œuvre est exposée dans une ancienne sucrerie vouée à la destruction, qui stockait du sucre en provenance des Caraïbes. Elle a été spécifiquement réalisée pour ce lieu et ne fait sens que là. Cette usine a aussi fait l’objet d’une grande grève avant sa fermeture en 2004

Des pistes La monumentalité est difficile à faire prendre en compte par les élèves mais on peut travailler à l’inverse Question de l’alimentation dans l’art, passer de l’usage des matériaux traditionnellement utilisés par les artistes à des matériaux plus triviaux Wim Delvoye les aliments comme couleur et comme matière Joachim Mogara des morceaux de sucre pour jouer sur l’illusion et les proportions Vik Muniz tableau en sucre en poudre ---- Film : "Queimada" de Pontecorvo avec Marlon Brando. Sur une révolte d'esclaves dans une ile des Caraïbes, échos des révolutions des années 60 avec question sur leaders, répression, guérilla... (de la part de Françoise Vergès).

Atelier 4

Œuvre de Michel Rovelas, « Octave », Dimensions : 178X50X40 cm Technique : bambou et métal Extraite du catalogue d’exposition « Mythologies créoles », 14 juin 2013 à l’Artchipel, à Basse-Terre.
 Niveau  Axes  Entrées et problématiques
Entrée 1 : L’objet et les réalisations plastiques. A partir de fabrications, de détournements et de représentations en deux et trois dimensions, les questions sont à travailler à des fins narratives, symboliques, poétiques, sensibles et imaginaires.  Nature des objets

Forme des objets

Matérialité des objets

Statut de l’objet

  - Expérimenter des techniques variées

- Comment tirer parti des matériaux pour engager une démarche créative ?

- Quelles transformations faut-il faire subir aux matériaux pour donner naissance à un objet ?

Mixité des matériaux : - Le choix du/des matériau(x) fait partie du dispositif que doit mettre en place le professeur - Rupture des « codes » : format/thématique

Matérialité de l’objet : bambou/métal, léger/lourd, Verticalité Assemblages Taille de la sculpture

 Entrée 3 : L’objet dans la culture artistique. Il s’agit de traiter la question du statut de l’objet, lequel peut être artistique, symbolique, décoratif, utilitaire ou publicitaire, et notamment de découvrir la place de l’objet non artistique dans l’art (papiers collés, objets naturels ou manufacturés, détournés).    - Qu’est-ce qui différencie : un objet commun d’un objet d’art, d’un objet culturel ?

- La question du statut de l’objet ?

- La présentation et la représentation de l’objet réalisé ?

L’œuvre étudiée a été  exposée dans une banque (BDAF) Place de la Victoire à Pointe-à-Pitre - Exposition du 07 au 22 novembre 2014

Œuvre de Michel Rovelas, « Octave », Dimensions : 178X50X40 cm Technique : bambou et métal, Exposition à la Banque des Antilles Françaises du 07 au 22 novembre 2014

Atelier 5

Oeuvre : « Mar Caribe » Auteur : Tony CAPELLAN Date : Première version en 1996 Nature de l'oeuvre : installation de tongs avec fil de fer barbelé Dimensions : dimensions variables Collection de l'artiste.

Différentes versions de l'installation:

Version 1

Version 2

Version 3

Détail

Démarche du plasticien : « Au bord de l'eau, à St Domingue, c'est mon espace préféré et tout ce qui arrive par la mer m'inspire. Ce que rapporte la mer aujourd'hui est à l'image de ce qu'elle rapportait il y a 500 ans. Il y a 500 ans sont arrivés des navires qui ont créé une nouvelle culture. Et pourquoi cette même mer n'apporterait-elle pas des choses qui témoigneraient de l'histoire de cette région, de ce qui se passe ici: la présence impérialiste, le pétrole et tous ses dérivés... La majeure partie des objets que je récolte sont en plastique, et le plastique est un catalyseur de ce qui se passe dans notre histoire. Tout est fait en plastique. Ces objets en plastique tombent à la mer et sont spécifiques à chaque situation sociale, à chaque pays. Ces produits arrivent sur la plage et moi qui me promène souvent au bord de la mer, j'ai commencé à les ramasser et à construire des histoires. Avec Mar Caribe, j'ai entrepris ma série d'oeuvres multiples; ce sont des oeuvres qui vont toujours m'appartenir et que je continuerai à faire tant que la mer m'apportera des objets, tant que les situations sociales qui les soutiennent perdureront. Ma théorie est que le jour où il n'y aura plus de pauvres pour perdre leurs sandales, leurs tongs, ce jour là, je ne pourrai plus continuer à travailler. Tant qu'il y aura des pauvres qui perdront leurs chaussures, je pourrai continuer mon oeuvre. » Tony Capellan

Notions dégagées :

Accumulation, matérialité, détournement, couleur, espace, objet, évolution, mouvement suggéré, trace, étendue, limite, disposition, rythme, forme, contraste des matériaux.

Thèmes qui en découlent : douleur, violence, pauvreté, consommation, écologie, développement durable, 7ème continent, identité, attirant/repoussant, groupe/individualité, engagement social de l'artiste.

6ème : détournement de l'objet. 4ème : la nature de l'oeuvre. 3ème : corps, espace, empreinte (trace du corps, d'une vie).

Réflexions, pistes pédagogiques :

L'accumulation d'objets renforce. Le nombre ne dilue pas, il renvoie aux individus. Relation entre couleur et lieu : en quoi la couleur suggère-t-elle le lieu ? Comment faire apparaître l'individu au sein d'un groupe ? (nuances, motifs, spécificités de chaque objet) Comment suggérer le mouvement par l'organisation ? (disposition des tongs qui produit un effet de marée). Possibilité de varier à l'infini à partir d'un objet ou d'un concept. Dimension politique du caractère évolutif de l'oeuvre.

Vous trouverez ci dessous les documents des différents ateliers avec les reproductions.

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